La petite vieille irlandaise aux yeux tordus

Publié le par Chris

C’est pas tout d’avoir la voiture, il fallait aussi penser aux éléments nécessaires pour la survie : s’abreuver et se sustenter. Premier petit village rencontré, on s’est arrêtées (quand Sylvia a compris où était la pédale de frein), et on est allées à la découverte de la gastronomie locale dans la petite épicerie du coin. On s’est hasardées à prendre quelques cookies et des bouteilles d’eau. Les prix n’étaient pas indiqués, ce qui nous a freiné sur le choix de nos victuailles. On trouve le recoin de la caisse, et on se retrouve nez à nez avec une vieille édentées aux yeux tordus qui nous a baragouiné deux trois mots en une langue inconnue. Ca doit être ça le gaélique. Le refrain d’une chanson nous revient en tête :
Mo ghaol, mo ghràdh is m'eudail Thu!
M'ionntas ùr is m'èibhneas Thu! 
 
Mais quand la petite vieille commence à nous parler anglais, elle nous paraît plus sympathique : elle nous dit que l’Irlande nous souhaite la bienvenue, que son pays est magnifique et qu’il va nous plaire, elle poursuit en nous souhaitant un bon voyage et en profite pour nous donner une mini note salée pour trois cookies sucrés. On retient ce qu’on croit être une leçon : les épiceries de village mettent des prix forts.
En avant toute… après avoir baissé le frein à main pour mettre la ceinture, baissé deux ou trois fois la vitre, on est reparties au volant de notre bolide et Sylvia continuait de raser d’un peu trop près les murettes de pierres. C’était décidé, on allait découvrir un site historique classé au patrimoine mondial de l’Unesco : le monastère de Clonmacnoise (Cluain Mhic Nóis en gaélique) qui se trouve au centre de l’Irlande au bord de la rivière Shannon au sud d’Athlone. 

 

clonmacnoise

 

Ce monastère au sept clochers comprend : les ruines d’une cathédrale, huit églises, deux tours rondes, trois croix monumentales et une vaste collection de pierres tombales chrétiennes anciennes. Ce monastère a été fondé en 545 par Saint Ciarán. Un an après la construction de la première église, Ciarán âgé d’à peine trente ans rend son dernier soupir contaminé par la peste jaune. Pas de bol… C’est un endroit très touristique où les gens grouillent parce qu’on leur a dit que c’était incontournable. C’est sûr : il y a de belles ruines grises qui sous un ciel menaçant ressemblent à l’Irlande telle qu’on l’imagine. Mais même si c’est sur un site magnifique, qu’historiquement c’est l’un des plus importants centre religieux entre le VIième et le VIIième siècle, ce n’est pas le genre de site qui vous laisse pantois la langue pendante et les yeux pétillants. Et puis, comme en Irlande tout est bon pour faire du pognon, l’entrée est payante : 8 euros. Ce qui est bien cher pour voir aussi bien de dedans ce que l’on voit de dehors… heureusement on avait nos cookies.

La chance était avec nous pour cette première journée : il ne pleuvait presque pas et le soleil était là. On a repris notre monture et on a continué de traverser le pays en bifurquant où bon nous semblait, en ayant pour seul objectif d’atteindre l’Atlantique avant la tombée de la nuit, et espérer pouvoir aménager notre Toyota Yaris.
En passant par Gort (hummm, pour ceux qui ne connaissent pas leur géographie Irlandaise parfaitement, je précise qu’il s’agit d’une ville), on s’est arrêtées au supermarché. Quelle stupéfaction ! C’est pas comme en France (j’entends les petits malins répondre : normal, on est en Irlande…ha ha ha !) les Irlandais ont bien compris qu’il n’était pas nécessaire d’avoir vingt-et-une marque de moutarde, quarante-deux marque de jambon et huit-cents sortes de lait. Et vraiment, c’est mieux ! On remarque aussi qu’une île voit davantage de gens enrhumés : on le comprend en regardant leurs boîtes de mouchoirs en papier qui sont deux fois plus larges que ceux qu’on trouve chez nous. Souvent les formats sont différents : on trouve du tout petit ou du très grand (exemple : soit tu choisis la petite bouteille de coca-cola individuelle soit tu choisis le magnum de deux litres). Le lait est frais, pas question de le trouver en briques de 1 litre qui peut être conservé plus de six mois… ici il y a des mini cubes pour avoir du lait à emporter (Sylvia en avait la langue qui pendait), et des grosses bouteilles de 2 à 3 litres. Leur rayon fromage fait un peu pitié, mais n’allons pas faire les chauvines fières de nos fromages qui puent dans un pays qui n’en n’est pas spécialiste. Leurs produits frais (viande, légumes et fruits) feraient pâlir nos marchés.
Il faut dire que les Irlandais fonctionnent un peu comme les bretons : ils font travailler les producteurs locaux. Il est donc normal de trouver des tartes cuisinées par la grand-mère du coin, ou des plats cuisinés par la Miss Fogarty du village. Sinon, en règle générale, y’a pas grand-chose à manger par chez eux… le pain est quasi- inexistant (il y a très très très peu de boulangeries pour ne pas dire qu’elles sont chimériques), ils proposent essentiellement des bagels.
C’est ce qu’on a choisi pour notre repas du soir avec une sorte de crème au fromage, de la salade pour Sylvia, et des yaourts. On peut aussi avancer la conclusion que les prix ne sont pas plus chers dans les petites épiceries. Tous les prix en Irlande sont deux fois plus élevés qu’en France.

On a profité des sanitaires du supermarché pour remplir d’eau notre douche solaire, et on est reparties en direction spanich point pour trouver une belle plage afin de dîner et dormir dans notre suite trois étoiles vue sur la mer.

La nuit tombe, on tourne toujours… mais où on va ? On sait même pas si on va pouvoir s’installer. La nuit est là, on est sûrement perdues, mais il fait trop noir pour s’en apercevoir. Finalement, on trouve une petite crique très sympa avec un bout de parking pour deux voitures. Vous vous doutez bien, qu’on était seules et bien seules. Mais c’est que le début… maintenant il va falloir essayer de s’organiser un espace confortable.

irlande

  Il fait nuit, il fait froid, il faut vider la voiture… toutes nos petites affaires sont dehors, on essaie de comprendre comment se baisse la banquette....

 

La pluie se met à tomber, le vent souffle doucement, nos paupières sont lourdes… Bonne nuit (peut-être), et à demain !

bagels

 

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randonnée irlande 29/12/2011 18:26


très drole le coup des boites des mouchoirs

Sylvia 14/12/2007 19:11

Glendalough dans le comté de Wicklow (au sud de Dublin), on va retenir cette info, car nous retournerons en Irlande, le nord et le sud sont aussi à découvrir, et en départ de Carcassone, nous repasseront à DublinMerci

Moira 13/12/2007 15:24

J'ai moi même visité le site de Clonmacnoise. C'est vrai que l'entrée est chère. Personnellement ce n'est pas le lieux que je préfère en Irlande. Si un jour vous y retournez je vous conseille vivement d'aller visiter le site monastique de Glendalough dans le comté de Wicklow (au sud de Dublin). Il y a de très belles balades à faire autour des deux lacs... et l'entrée est gratuite ;-)Je vous laisse l'adresse de mon 2ème blog si vous voulez jeter un coup d'oeil aux photos :http://photo-bol-d-eire.over-blog.com/0-categorie-1230624.htmlMoira

Yep 11/12/2007 19:45

Sympa le blog !

sylvia & Chris 10/12/2007 17:42

Merci de votre visite... ton blog est sympa ! J'ai bien aimé l'article sur Blanche Neige

Ederza-Naturaimer. 08/12/2007 19:42

beau blog découvert en passant chez fee clochette, bonne continuation, jolie mmusique aussi !