Une virée à Corinthe

Publié le par Sylvia

Nous avions dans l'idée d'aller visiter Corinthe. Nous voilà donc partie en voiture, une hundaï louée, toute pourrie à première vue, mais qui semblait bien luxe par rapport aux voitures grecques qui roulaient à nos côtés. (cf. article Attention virage) Direction le port de pirée. Le Pirée comporte 3 ports, d'est en ouest : Mounychie, Zéa, qui est le port des yachts et du service pour les îles argo-saroniques et Kantharos  le grand port d'où partent les ferries pour les îles. 

 

Nous nous sommes un peu égarées sur la route. Normalement 3/4 d'heures suffisent pour rejoindre Corinthe. Nous avons mis trois fois plus de temps. Un détour dans les petites ruelles au abords du port, là nous avons découvert les traditions, comme par exemple faire sécher les poulpes frais en terrasse au soleil! (beurk) un autre détour pour avoir manquer de se faire tuer en négociant mal notre entrée sur l'autoroute, il faut dire que les panneaux en Grèce sont sommaires (quand ils y sont !!!) bref, trois bonnes heures après avoir visité le port d'est en ouest, nous rejoignons la ville moderne de Corinthe. Pas grand-chose à voir, nous partons vers l'ancienne ville.

 

Corinthe (en grec ancien Κόρινθος  et en grec moderne Kórinthos) est l'une des plus importantes cités de la Grèce antique. Elle est mentionnée dans l'Iliade, où elle porte aussi le nom d'Éphyre. 

 

La ville antique de Corinthe abrite les ruines de l'agora, et du temple d'Apollon, avec l'architecture corinthienne : (image: chapiteau corinthien) 

 

La ville antique de Corinthe abrite les ruines de l'agora, et du temple d'Apollon, avec l'architecture corinthienne : (image: chapiteau corinthien) 

 

 

 

 

A l'époque la ville s'étendait jusqu'à Acrocorinthe, site qui surplombe la ville et qui domine la région.

 

D'en haut la vue est imprenable sur la mer Ionenne et sur les oliviers, les orangers de la campagne grecque et sur les vignes :es raisins de Corinthe noirs se distinguent des autres raisins par leur taille minuscule. Aujourd'hui, l'Acrocorinthe se situe à environ 4 kms de la ville antique. Nous nous y sommes rendues en voiture, et sur ces hauteurs nous avons pu découvrir où était édifié un temple voué à la déesse Aphrodite , où mille "prêtresses sacrées", appelées joliment "hiérodules" se livraient à la prostitution sacrée...

 

A partir de 146 av JC, les forces romaines détruisirent la quasi totalité des constructions grecques antiques. Le site fût occupé, entretenu et agrandi par les différentes puissances qui se disputèrent le pays : franques, ottomanes, vénitiennes... L'entrée de l'Acrocorinthe est assez significative de ses différentes occupations : la première porte est ottomane, la deuxième est franque et la dernière est byzantine. Ce site fût abandonné après le départ des Ottomans au début du XIX°s. Aujourd'hui, il ne reste pratiquement plus aucune trace de ces évènements : seuls subsistent quelques fortifications, des fontaines, des tombes ou des édifices religieux de différentes confessions, comme la mosquée (photo) ou l'église orthodoxe...

 

Nous avons fait une belle balade dans un après-midi ensoleillé à travers un moment d'histoire, le genre de promenade qu'on n'oublie jamais. 

Tous ces vestiges archéologiques témoignent de l'étendue des relations de la ville avec l'étranger ; Corinthe était une sorte de centre du commerce maritime pour le monde grec. 

 

Il faut dire qu'elle occupait une position stratégique sur l'isthme qui relie la Grèce du Nord au Péloponnèse et sépare deux mers importantes (la mer Ionienne et la mer Egée), elle était destinée à devenir une grande puissance maritime. 

 

Elle était également située au carrefour des deux axes commerciaux, l'axe nord-sud et surtout l'axe est-ouest, par lequel arrivaient les marchandises de luxe d'Orient et les produits des colonies occidentales.

 

A l'époque, il était plus facile de tirer les petits navires à travers l'isthme ou de décharger les marchandises d'un côté pour les recharger sur d'autres navires de l'autre côté, plutôt que d'entreprendre un voyage long et périlleux autour du Péloponnèse.Pour éviter les dangers du cap du Péloponnèse, dès le VIIème siècle av JC, les Corinthiens avaient construit une voie pavée : le diolcos,  sur laquelle ils tiraient les navires sur des chariots entre le golfe Saronique et le golfe de Corinthe.Aujourd'hui, dans le Monde, le canal de Corinthe est un des plus beaux. Depuis le halage il s'en est passé des choses .En effet, le canal fait la jonction entre le golfe de Corinthe et le golfe Saronique, faisant du Péloponnèse une île. 

 

Périandre et Alexandre le Grand eurent les premiers l'idée de faire un canal. Mais c'est Néron, un empereur romain, qui, en 67 après J.-C., inaugura les travaux avec une pelle en or et 6000 prisonniers juifs s'attelèrent à la tâche. Les travaux stopèrent au bout de 3 ou 4 mois (à sa mort). C'est seulement à partir de 1882 qu'à l'initiative d'une compagnie française les travaux purent recommencer, pour être achevés par les Grecs en 1893. 

 

 

Ce canal a une longueur de 6,5 kms, une largeur de 25m,  ce qui oblige les cargos à avoir recours aux "pilot boats" (un bateau devant tracte les cargos !) et une profondeur de 8 m, les parois atteignent jusqu'à 80 m de haut. C'est un canal magistral et la hauteur des parois en dit long sur les milliers d'heures qui ont été nécessaires pour creuser la roche. L'eau est cristalline. Une merveille! 

 

Nous avons eu la chance après une bonne heure de recherche, de passer sur un pont qui traversait ce canal. Nous nous sommes garées un peu plus loin et c'est à pieds que nous sommes passées sur le pont pour surplomber le canal. Avec le passage des voitures sur le pont, on balançait vraiment et Chris a eu très peur, mais c'était tellement incroyable!  Au bout du canal, là ou arrivent les bateaux qui se sont fait tracter,  il y a le golfe Saronique, plus connu sous le nom de golfe d'Athènes que nous avons vu de loin en rentrant vers Athènes le soir.  

 

Une journée pas comme les autres, pour des découvertes pas comme les autres. Mais de toute évidence, c'est la Grèce qui veut ça.

 

 

 

 

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trekking grece 29/12/2011 17:56


Bravo pour la qualité de vos articles.