Le ventre à l'envers !

Publié le par Chris

Jeudi 13 septembre :

Après une journée dans la steppe, où le seul insecte croisé à eu la peur de sa vie car c’était la première fois qu’il voyait un humain, on est arrivées à Teruel. Teruel est une ville qui regorge d’art « mudejar » et on ne voulait pas manquer ça d’autant plus que son architecture est déclarée patrimoine mondial de l’humanité. Mais ce que nous on va retenir, c’est qu’on est tombées sur des ossements humains ! Et je peux vous dire qu’on faisait pas les fières… On croyait pourtant ne pas avoir d’anecdotes sur notre éventuelle mort… Mais commençons par le début, on est arrivées à Teruel en sueur et on a cherché l’office de tourisme pour obtenir un plan de la ville. J’en profite pour ouvrir une parenthèse, on dit que les espagnols parlent français, mais même dans les offices de tourisme c’est peine perdue ! Encore heureux quand on leur parle espagnol ils nous répondent pas en aragonais ! Et je ferme la parenthèse pour enchaîner qu’après avoir eu notre plan, on a fait le tour de la ville et c’est vrai que l’architecture mudejare ça en jette. Il n’y a qu’à voir la cathédrale de la ville, et même l’iglesia de San Pedro. Mais comme on avait un ptit creux à l’heure des tapas, on s’est dit : et pourquoi pas goûter un peu de jambon de Teruel (D.OT : appellation d’origine contrôlée). On a alors trouvé un super endroit : Rokelin (http://www.rokelin.com. On a commandé un plat de jambon de Teruel avec du pain grillé, de l’huile d’olive et de la purée de tomate (à part) et aussi une ration de croquettes au fromage et au jambon. C’était un vrai régal… maintenant de point de vue personnel, on préfère le jambon d’Aoste… ! Surtout on donne une mention « très bien » aux croquettes ! Après avoir bien mangé, on a décidé d’aller visiter avant la fermeture « el mausoleo de los amantes ».

Au XIIième siècle Diego de Macilla et Isabel de Segura s’aimaient d’un amour passionné. Cependant le père d’Isabel jugeait Diego pas suffisamment riche pour prendre la main de sa fille. Diego décide alors de partir cinq ans travailler dans tout le pays et revenir riche. Isabel promet de l’attendre pendant cinq mais c’était sans prendre en compte la ténacité de son père qui voulait que sa fille trouve mari. Isabel, maligne et fille unique de son père, lui dit alors qu’elle veut attendre cinq avant de se marier pour qu’à vingt ans, elle soit prête à tenir son rôle d’épouse et honore son mari de tout ce qu’une femme mariée de l’époque doit savoir faire. Le jour des vingt ans d’Isabel, son père l’oblige à épouser un homme riche et influant. Isabel qui a attendu cinq ans le retour de Diego, est contrainte de se plier à cette volonté. La nuit de noce, Diego revient au village et il apprend la nouvelle. Dépité et malheureux, il décide d’aller embrasser Isabel une dernière fois et il va la trouver dans son palais. « Isabel, réveille toi… embrasse-moi une dernière fois ». Isabel sursaute, elle reconnaît Diego. Elle refuse d’embrasser Diego « non, je ne veux pas déshonorer mon mari ». Diego de chagrin s’effondre de douleur et meurt. Isabel prend conscience de tout l’amour que lui portait Diego, et elle regrette de ne pas lui avoir offert un dernier baiser et que son refus ait coûté la mort à celui qu’elle aimait. Le lendemain, son remord la pousse à rejoindre la dépouille de Diego pour lui offrir ce dernier baiser. Elle s’approche de Diego, l’embrasse et, de bonheur ou d’amour, elle meurt subitement à son tour. Le mari d’Isabel et les villageois touchés par l’amour qu’Isabel et Diego se portaient, décident de les unir dans la mort en les mettant ensemble dans la tombe. Aujourd’hui on peut visiter le mausolée près de l’église San Pedro à Teruel. La tombe est désormais une sculpture en albâtre de Juan de Avalos (XXième). Et devinez ce qu’on aperçoit en dessous au travers d’une vitre ? Je peux vous assurez que notre estomac à fait trois tour quand on a vu les squelettes des deux amants… !!! Le mausolée est un symbole pour les amants, il devient presqu’un sanctuaire à la gloire de l’amour. On a même pu laisser la trace de notre passage sur le mur des amoureux.

Et pour se détendre, on a eu la chance de pouvoir aller écouter un concert dans l’église : arie baroques pour clavecin, piano et voix de soprano. La soprane n’avait pas de voix, le violon était mou et jouait trop bas, et le claveciniste était, heu, fade… bref on est parties avant la fin et on a terminé la soirée en prenant un dernier petit verre (un chocolat chaud et un coca… que les malins attribuent à qui de droit !) avant d’aller passer une bonne nuit pour être en forme pour la journée du lendemain.

 

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Bee Charmer 20/09/2007 04:11

Merci les filles pour le récit de votre séjour en Espagne, c'est bien écrit, plein d'anecdotes, de recommandations de visites. J'ai hâte de lire la suite, vous me donnez envie d'y être avec vous. Bisous.

Sylvia & Chris 20/09/2007 20:44

Merci pour ton petit commentaire, ça fait plaisir ! Au moins on peu se rassurer, on est lues !
Pas trop le temps de faire plus long, on a un avion à prendre....