El monasterio de Piedra

Publié le par Chris

Samedi 15 septembre 2007 :

 

On a essayé tout le long de notre escapade de traîner hors des sentiers battus et de découvrir des endroits insolites inconnus des guides touristiques. Mais, mais, mais… on ne peut pas toujours éviter les « attrapes-touristes », car même si on veut éviter la foule et les anarques, on reste des touristes, même si notre profil reste plus atypique que la brochette du bus troisième age de Fram.

Tiens, je vais me permettre une anecdote… savez-vous qu’elle est la définition du mot « touriste » sur le dictionnaire de l’académie française ?

- Celui ou celle qui voyage en amateur.

Ca laisse un peu perplexe, non ? Et ça nous amène à la question suivante : Y’a-t-il des voyageurs professionnels ?  On pense alors aux journalistes, aux photographes, aux hommes d’affaires qui ont la chance de ne pas rester dans leur bureau… mais dans ces cas là c’est pour visiter qu’ils vont dans le pays. Bref, on s’égare, et puis on n’a pas dit qu’on allait prendre la tête de nos lecteurs avec ce genre de questions… Pour résumer : touriste est un mot à résonances péjoratives. Point  Il faut pas oublier que Balzac a employé ce mot (presque pour la première fois en 1833) pour désigner les anglais… (les envahisseurs dans l’esprit des français ?).

 

Passons, passons…   donc en amatrices, nous sommes tombées sur un tract publicitaire qui vantait les mérites d’un lieu soi-disant fantasmagorique : el Monasterio de Piedra près de Calatayud en Aragon, dans une zone très désertique. Le tract racontait que c’était un endroit magique où les cascades côtoient les arbres en créant des formes tirées d’un livre de contes. Alors pourquoi pas y aller voir de plus près ?

 

L’origine de cet endroit remonte à 1194, époque à laquelle Alphonse II le Chaste et son épouse doña Sancha firent don d'un ancien château arabe aux moines de Poblet (pas loin de Montblanc, pour ceux et celles qui connaissent) pour y construire un monastère et renforcer la foi chrétienne dans la région. On a pas vu le château si ce n’est ses murailles, mais on a vu le monastère.

En 1840, Pablo Muntadas Campeny acheta le monastère, tout en maintenant l'activité agricole et d'élevage qui s'y déroulait. Son fils, Juan Federico Muntadas, donna forme au parc par la mise en œuvre de transformations, l'ouverture de chemins et allées, et la réalisation de plantations. En 1860 il devint accessible au public et une bonne machine à sous. Le résultat de ces activités est le jardin que nous connaissons aujourd'hui, classé en 1940 au rang des sites pittoresques nationaux, et les espagnols adorent cet endroit.

 

Vous commencez à nous connaître, et vous vous doutez qu’on n’est pas parties sans préparation vers le monastère. Le samedi matin, après une bonne nuit de sommeil (ou presque… car on a dormi dans un hôtel où notre chambre était au-dessus d’un restaurant. Et la vieille espagnole qui raconte les derniers potins qu’elle a entendus à la messe vous la connaissez ? Et bien nous, désormais, on la connaît… on connaît surtout le son de sa voix criarde et pincée qui transperce même les meilleurs oreillers) on est parties au centre de Calatayud pour dévaliser non pas une, mais deux boulangeries pour des petits gâteaux en tout genre. Le sac à dos avec deux bouteilles d’eau, les lunettes de soleils et nos chaussures de marche parfaitement adaptées que je nommerai ici pour leurs rendre hommage : nos tongs !

La voiture a suivi un chemin sinueux et montagneux qui ne nous surprend plus, et on est arrivées à la porte del parque. Un peu de crème solaire et hop on a mis la main à la poche pour payer nos tickets d’entrée : 23€ à deux. Vous êtes prévenus.

  

 

Les pieds dans la poussière on a suivi un parcours fléché à l’aide d’un plan. « Voici sur votre droite un arbre, et là sur votre gauche : un cailloux gris… en face de vous une mare vaseuse et si vous continuez tout droit vous trouverez d’autres cailloux. »


Voilà l’impression qu’on a eu au début de la visite.

Ce qui est sûr c’est que pour être dans une région désertique, il faisait bon à l’ombre des grands arbres, et encore plus lorsqu’on s’est approchées des premières cascades, et puis, petit à petit, on s’est laissées surprendre par un environnement étonnant.

Il faut dire que le monastère de Piedra appartient à la chaîne de montagnes Ibériques. Et paradoxalement, en étant dans l’endroit le plus désertique de l’Aragon, on découvre que les roches qui constituent le paysage de ce parc ont été formées au fond de la mer.

 

Mais elle est où la mer ? Elle n’y est plus…Car par la suite, les intenses forces de l’orogenèse alpine (là ça fait j’en connais un rayon, non ?) – le même pli qui est à l’origine de la création des Pyrénées – comprimèrent ces roches et les firent apparaître à la surface actuelle.

Pas mal, hein ? Vous avez envie d’y aller maintenant… !

Mais attendez, on vous a pas tout dit…

Après avoir papillonné autour des cascades, on est entrées dans une grotte en descendant des escaliers de pierre dans la pénombre. Sylvia pas très rassurée commence à piailler mais continue de descendre. La température baisse, l’humidité augmente. Sylvia piaille toujours en disant que c’était peut-être pas une bonne idée d’entrer là dedans. Le sol est mouillé, le plafond ruisselle… heureusement on sait nager ! On arrive alors dans ce qui sera notre meilleur souvenir : une cathédrale de pierre gigantesque, on est derrière la cascade « cola del caballo » (la queue de cheval) et on la voit cracher depuis l’intérieur, on est vraiment derrière elle !Un petit passage semblait indiquer qu’on pouvait s’enfoncer d’avantage dans l’antre, et on l’a suivi. Sylvia ne piaillait plus, plus la force… et ce qu’on a vu était tout simplement magnifique et reste indescriptible avec des mots.

 

On est sorties de là vivantes : trempes, les pieds boueux et les yeux remplis. Sylvia a retrouvé la parole…

On a continué la visite du parc en traversant la pisciculture (elle approvisionne toujours les rivières aragonaises à des fins de repeuplement) où l’on a vu des milliers de truites et de tanches et on a sillonné autour des étangs avant de penser à retourner vers Zaragoza car la visite était presque terminée.

Avant de quitter le lieu, on est allées faire un tour au monastère, car il existe vraiment. Il sert surtout d’infrastructure pour touristes fortunés avec un hôtel et un restaurant de luxe. Mais il reste des choses à voir : le cloître et la salle capitulaire, l’autel baroque, la cuisine et l’église où se mêlent différents styles d’architecture : mudéjar, roman, gothique, Renaissance et baroque. Un conseil : la visite du monastère est obligatoirement guidée, mais échappez vous, et laissez vous guider par l’instinct !

 

Sylvia : Mademoiselle n’aurait-elle pas oublié l’épisode des oiseaux ? En effet je viens de lire son article et elle a omis - ce qui m’étonne car elle les aime - l’épisode sortie du parc et découverte des oiseaux ! On s’apprêtait à sortir et à se rendre vers le monastère quand j’ai vu du coin de l’œil un oiseau. Plus précisément un gros hibou statique empaillé sur un perchoir ! Je dis de suite à Chris mon dégout de la chose quand tout à coup on le voit bouger ! Non miracle il s’en était remis juste par ma pensée ! Puis juste à côté, plein d’autres oiseaux, aigles, vautours et autres gros rapaces étaient perchés sur un arbre (ici plutôt un perchoir) et tenaient dans leur bec un fromage (ici plutôt une souris donnée par la femme qui s’occupait d’eux !) Jamais de nos vies nous n’avions vu d’oiseaux aussi gros, aussi près et aussi vrais et vivants que le spectacle qui s’offrait à nous, un moment inoubliable, bien que ces pauvres oiseaux semblaient malheureux d’être attachés et de ne voler que quelques minutes dans la journée pour un spectacle !

 

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Sylvia et Chris 07/11/2007 11:37


ahhhhhhh..... la sociologue !!!
Bazac est une ville en Charente... mais c'est pas d'elle qu'on parle, mais plutôt de celui qui se serait brûlé une "aile". Donc il s'agit ici de l'écrivain Balzac.
Arrrgggh, à chaque fois qu'on a le malheur de "relire" un article en ligne on a mal aux yeux des fautes de frappes ou d'inatention qu'on y laisse. Tant pis... on va tout de même corriger Honoré !

flo 06/11/2007 18:46

Petite réflexion autour de cette définition du touriste :Ne faut-il pas prendre "amateur" au noble sens de "Personne qui aime, cultive, recherche (certaines choses)" ? Cela ne lui redorerait-il pas un chouilla le blason (au dit touriste) ?Et puis on voit ici que les visites à touristes ont parfois leur intérêt tout de même.Mais au fait, qui est "Bazac" ?