Amsterdam la capitale, adagio au levé du soleil

Publié le par Sylvia & Chris

« Mais oui ! A écouter leurs pas lourds, sur le pavé gras, à les voir passer pesamment entre leurs boutiques, pleines de harengs dorés et de bijoux couleur de feuilles mortes, vous croyez sans doute qu'ils sont là, ce soir ? Vous êtes comme tout le monde, vous prenez ces braves gens pour une tribu de syndics et de marchands, comptant leurs écus avec leurs chances de vie éternelle, et dont le seul lyrisme consiste à rendre parfois, couverts de larges chapeaux, des leçons d'anatomie? Vous vous trompez. Ils marchent près de nous, il est vrai, et pourtant, voyez où se trouvent leurs têtes : dans cette brume de néon, de genièvre et de menthe qui descend des enseignes rouges et vertes. La Hollande est un songe, monsieur, un songe d'or et de fumée, plus fumeux le jour, plus dorée la nuit, et nuit et jour ce songe est peuplé de Lohengrin comme ceux-ci, filant rêveusement sur leurs noires bicyclettes à hauts guidons, cygnes funèbres, qui tournent sans trêve, dans tout le pays, autour des mers, le long des canaux. Ils rêvent, la tête dans leurs nuées cuivrées, ils roulent en rond, ils prient, somnambules, dans l'encens doré de la brume, ils ne sont plus là. Ils sont partis à des milliers de kilomètres, vers Java, l'île lointaine. Ils prient ces dieux grimaçants de l'Indonésie dont ils ont garni toutes leurs vitrines, et qui errent en ce moment au-dessus de nous, avant de s'accrocher, comme des singes somptueux, aux enseignes et aux toits en escaliers, pour rappeler à ces colons nostalgiques que la Hollande n'est pas seulement l'Europe des marchands, mais la mer, la mer qui mène à Cipango, et à ces îles où les hommes meurent fous et heureux.» (Albert Camus au sujet d’Amsterdam)

 

Après une nuit de sommeil (cf. bons plans) on se sentait prêtes à attaquer une nouvelle journée découverte ! On a abandonné la voiture au parking (cf. bons plans), et nous sommes arrivées en plein cœur de la ville aux environs de 9h30 et peu de gens circulaient à cette heure. Notre premier objectif était d’abord de s’imprégner de la ville et de son ambiance, le nez au vent nous avons préféré improviser notre itinéraire avec l’inspiration de l’instant et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvées dans le « quartier rouge ». Ce quartier porte ce nom en raison des nombreuses lumières disposées sur les maisons aux meurs plus ou moins douteuses. Des prostituées sont exposées derrière de larges vitrines en tenues légères. La lumière rouge indique alors leur disponibilité. La « marchandise » est étalée comme la viande d’un marché de campagne. Mais soulever une quelconque polémique sur le sujet n’est pas la raison de la rédaction de ce blog, c’est pourquoi nous passons à autre chose…

 

 Affamées, nous décidons de pousser la porte d’un établissement qui propose diverses combinaisons de brunchs et de petits-déjeuners. Repues et pleines d’ardeur on découvre la grande place du Dam ainsi appelée pour le diminutif de la ville et de la proche digue du même nom. C’est la place principale de la ville où l’on y trouve la nieuwekerk (la nouvelle église) et le Palais Royal construit en 1648 qui tient à l’aide de 13659 pilotis de bois. En continuant de flâner on s’est vite aperçues du danger menaçant de la ville et que notre vie ne tenait qu’à un fil, ou plutôt qu’à un rayon de roue de vélo. Pas question de mettre ne serait-ce que le bout d’un pied sur une piste cyclable sans prendre le risque de se faire secouer par le passage d’un cycliste en trombe, pas question d’espérer traverser sans entendre les sonnettes des deux roues s’acharner contre l’imprudent. Combien de fois j’ai dû sauver Maud et Sylvia d’une mort certaine… Jusqu’à ce jour, j’avais pas peur des vélos.

Chaque coin de rue est un plaisir pour les yeux. Les maisons aux briques brunes joliment décorées de pignons blancs avec leurs toits en escalier ressemblent à des tranches de pains d’épices avec des motifs de sucre glace. La plupart de ces maisons datent du 17ième et du 18ième siècle, et sont coiffées d’une poutre à palan qui sert à livrer la grosse marchandise ou les meubles qui ne peuvent entrer par les escaliers trop raides. Leurs façades sont étroites et on a parfois l’impression qu’elles se cramponnent de peur de tomber dans le canal qui les borde, ou qu’une main de géant les a brutalement compressées pour mieux les aligner.

Son réseau de canaux qui morcelle la ville nous a conduit à de nombreux petits marchés, comme celui de Waterlooplein où l’on retrouve antiquités et brocantes, le marché bio de Nieuwmarkt où l’on trouve de nombreux fromages et de nombreux produits typiques, le marché aux fleurs près de Muntplein où des tas de fleurs sont vendues soit fleuries soit en bulbes (dont leurs célèbres tulipes dont je ne me suis pas approchée, car s’il y a bien une fleur qui me fait peur, c’est bien celle là).

 

 

 

C’est devant la maison de Rembrandt que les nuages hollandais nous ont rattrapées et qu’il s’est mis à pleuvoir des cordes. Comme ça ne suffisait pas pour nous arrêter les éléments n’ont rien trouvé de mieux que de lancer la grêle. Ce petit rafraîchissement nous a ouvert l’appétit et nous avons décidé de manger à l’hollandaise sur le pouce un repas composé de bagels (cf. recette des bagels).

 

Il faut savoir que la particularité culinaire des Pays-Bas est de promouvoir la mixité gastronomique. On y trouve des restaurants aux spécialités du Monde entier. Donc nous parlions d’un repas composé de bagels…

 

Mais quelle est l’origine des bagels ? Les premiers bagels datent de 1683 lorsque un boulanger Autrichien voulu rendre hommage au Roi de Pologne, qui avait sauvé le peuple Autrichien de l’invasion turque. Puisque le roi était excellent cavalier, le boulanger décida de créer un « beugel » en donnant au petit pain une forme arrondie avec un trou représentant un étrier. Beugel voulant dire Etrier en Autrichien. De Beugel …on passa au fil des ans à Bagel.

 

La structure particulière du bagel provient du fait que ce petit pain avant de passer au four, est tout simplement cuit dans de l’eau très chaude durant une minute et rend sa pâte très compacte.

 

On ne peut pas évoquer Amsterdam sans parler des innombrables coffee-shops. Un coffee shop est un endroit où on peut acheter et consommer du cannabis.

 

Les coffee-shops sont officiellement tolérés aux Pays Bas depuis 1976, suite au rapport Baan publié en 1972. On voit les consommateurs installés à leur table et se rouler leurs joints, boire une boisson à la marijuana ou manger une quelconque pâtisserie agrémentée du même ingrédient.

 

On trouve aussi les smartshops qui sont des magasins spécialisés dans la vente de produits psychotropes d'origine végétale et légaux (graines de cannabis, champignons hallucinogènes (les fameux magics mushrooms) et des plantes psychotropes).

On trouve aussi de nombreux sexshops, mais je crois que c’est pas la peine d’en faire une description…

 

 

  Lire l'article suivant : Immersion totale, la symphonie néerlandaise

 

 

 







 

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Stéphane Lacroix 16/01/2013 13:57


Vraiement Amsterdam avec ses maison en ranger et ses cyclistes...Merci pour l'article.

fran�oise-castigeac-24 16/02/2009 22:31

A TRAVERS VOTRE DESCRIPTION, JE ME SUIS RETROUVEE DANS AMSTERDAM...J AI EU LA CHANCE D' ALLER ASSEZ SOUVENT A LEIDEN...AMSTERDAM ...ET D APPRECIER LES GROSSES CREPES  HOLLANDAISE ...( pannecooken) ...PAYS ASSEZ ENCHANTEUR OU J AI DECOUVERT DES PASSAGES PROTEGES ( non pas pour pieton) , mais pour les CANARDS qui sortent de l'eau !!!!!